Le grand café (Charles Trenet & Georges Brassens)

Le Grand Café

Au Grand Café vous êtes entré par hasard
Tout ébloui par les lumières du boul’vard
Bien installé devant la grande table
Vous avez bu, quelle soif indomptable
De beaux visages fardés vous disaient bonsoir
Et la caissière se levait pour mieux vous voir
Vous étiez beau vous étiez bien coiffé
Vous avez fait beaucoup d’effet
Beaucoup d’effet au Grand Café.

Comme on croyait que vous étiez voyageur
Vous avez dit des histoires d’un ton blagueur
Bien installé devant la grande table
On écoutait cet homme intarissable
Tous les garçons jonglaient avec Paris-Soir
Et la caissière pleurait au fond d’son tiroir
Elle vous aimait, elle les aurait griffés
Tous ces gueulards, ces assoiffés
Ces assoiffés du Grand Café.

Par terre on avait mis de la sciure de bois
Pour que les cracheurs crachassent comme il se doit
Bien installé devant la grande table
Vous invitiez des Ducs, des Connétables
Quand on vous présenta, soudain, l’addition
Vous avez déclaré : Moi, j’ai pas un rond.
Cette phrase-là produit un gros effet
On confisqua tous vos effets
Vous étiez fait au Grand Café.

Depuis ce jour, depuis bientôt soixante ans
C’est vous l’chasseur, l’commis de restaurant
Vous essuyez toujours la grande table
C’est pour payer cette soirée lamentable
Ah, vous eussiez mieux fait de rester ailleurs
Que d’entrer dans ce café plein d’manilleurs
Vous étiez beau, le temps vous a défait
Les mites commencent à vous bouffer
Au Grand Café, au Grand Café.

Le Cocu

Une belle chanson de Georges Brassens, pleine d’esprit et riche en allusions littéraires, comme d’habitude d’ailleurs

Comme elle n’aime pas beaucoup la solitude
Cependant que je pêche et que je m’ennoblis
Ma femme sacrifie à sa vieille habitude
De faire, à tout venant, les honneurs de mon lit

Eh ! oui, je suis cocu, j’ai du cerf sur la tête
On fait force de trous dans ma lune de miel
Ma bien-aimée ne m’invite plus à la fête
Quand ell’ va faire un tour jusqu’au septième ciel

Au péril de mon cœur, la malheureuse écorne
Le pacte conjugal et me le déprécie
Que je ne sache plus où donner de la corne
Semble bien être le cadet de ses soucis

Les galants de tout poil viennent boire en mon verre
Je suis la providence des écornifleurs
On cueille dans mon dos la tendre primevère
Qui tenait le dessus de mon panier de fleurs

En revenant fourbu de la pêche à la ligne
Je les surprends tout nus dans leurs débordements
Conseillez-leur le port de la feuille de vigne
Ils s’y refuseront avec entêtement

Souiller mon lit nuptial, est-c’ que ça les empêche
De garder les dehors de la civilité ?
Qu’on me demande au moins si j’ai fait bonne pêche
Qu’on daigne s’enquérir enfin de ma santé

De grâce, un minimum d’attentions délicates
Pour ce pauvre mari qu’on couvre de safran
Le cocu, d’ordinaire, on le choie, on le gâte
On est en fin de compte un peu de ses parents

A l’heure du repas, mes rivaux détestables
Ont encor ce toupet de lorgner ma portion
Ça leur ferait pas peur de s’asseoir à ma table
Cocu, tant qu’on voudra, mais pas Amphitryon

Partager sa moitié, est-c’ que cela comporte
Que l’on partage aussi la chère et la boisson ?
Je suis presque obligé de les mettre à la porte
Et bien content s’ils n’emportent pas mes poissons

Bien content qu’en partant ces mufles ne s’égarent
Pas à mettre le comble à leur ignominie
En sifflotant ” Il est cocu, le chef de gare… ”
Parc’ que, le chef de gar’, c’est mon meilleur ami

Le Grand Orchestre du Splendid: La Salsa du Démon

(Horreur)
(Malheur)
(Aaaah)
Oui, je suis Belzébuth
(Horreur)
Je suis un bouc, je suis en rut
(Horreur, malheur)
Oui, oui, oui, je vis dans l’ordure
(Horreur)
Je pue la sueur et la luxure

Je fume je bois, j’ai tous les vices
Et j’ai du poil partout sur les cuisses
Je vous déteste, je vous maudis
J’suis complèt’ment pourri

Quand j’vois un gosse, j’lui fous une claque
Quand j’vois une vieille j’lui piqu’ son sac
Je crache, je rote, rien ne m’arrête
Car aujourd’hui c’est la fête…

C’est la, c’est la, c’est la
Salsa du démon (x4)

(Horreur, malheur)
(Aaaah)
Oui, c’est moi Vampirella
(Horreur)
Malheur à ceux qui ne m’aiment pas
(Horreur, malheur)
Oui, oui, oui, mon cœur est en fer
(Horreur)
Je fais l’amour comme une panthère

Mes amants, je les écorche vifs
Et je les fouette, je leur coupe le pif
J’fais des trucs cochons avec des chaînes
Aux minets du 16ème

Pourchassant les puceaux en fuite
Le démon du sexe m’habite
Venez là mes petits amis
Car c’est la fête aujourd’hui…

C’est la, c’est la, c’est la
Salsa du démon (x4)

(Horreur, malheur)
(Aaaah)
Oui, je suis la sorcière
(Horreur)
J’suis vieille, j’suis moche, j’suis une mégère
(Horreur, malheur)
Oui, oui, oui, sur mon balai maudit
(Horreur)
J’aim’ bien faire mal aux tous petits

Je fais bouillir des mains de pendus
J’mange des crapauds, des rats tout poilus
J’fais des potions pour séduire les hommes
Puis j’les mords quand ils dorment

Dans ma marmite c’est l’épouvante
Y a des bestioles dégoulinantes
Ce soir j’fais du bœuf au pipi
Car c’est la fête aujourd’hui…

C’est la, c’est la, c’est la
Salsa du démon (x4)

C’est la, c’est la c’est la
Salsa du démon (x4)

C’est la, c’est la, c’est la
Salsa du démon (x4)

C’est la, c’est la, c’est la
Salsa du démon (x4)

C’est la, c’est la, c’est la
Salsa du démon (x4)